Dans la lignée de premiers faits d'armes et prises de contact avec Grenoble, nous nous devions de tester le potentiel de notre appartement où, somme toute, nous n'avions pas encore festoyé jusqu'ici. Ceci fut fait jeudi dernier, un peu à l'improviste il faut bien le dire. Alors que nous revenions de courses salutaires (le frigo se faisait bien vide...), nous fûmes surpris par des bières agrémentées de Picon, précédant de peu l'arrivée des amis d'Alex, notre colocataire. S'en suivit une soirée posée, sage à ses débuts, où l'essentiel de notre nourriture fut liquide. Il s'agissait en principe d'un apéritif, mais, grisés par l'alcool, les amis d'Alex restèrent plus longtemps que prévu et nous dûmes sortir des flacons.
Armagnac, vodka et pastis disputaient la vedette au russe blanc, tandis que le martini s'avouait vaincu, succombant à une charge de Gromyko. Les prémices d'une fin apocalyptique purent alors poindre: pour un motif encore indéterminé, Toby et Gromy entamèrent un féroce pas de danse au cours d'une lutte sans merci dont ils se relevèrent meurtris, l'un le coude en sang, l'autre les doigts griffés. La principale victime de l'affrontement fut cependant l'armoire de Gromyko, dont la porte se déboita.
Après une visite à l'étage inférieur, où Toby expliqua qu'il étudiait les nanotechnologies afin de découvrir une nanobombe pour détruire la planète, nos hôtes prirent congé, de même que Gromy, qui tenta d'aller se coucher. C'était peine perdue: notre éthylique détermination à le faire chier se traduisit par une irruption dans sa chambre, et le jet de multiples objets sur son lit. Après s'être barricadé, il espéra un temps jouir enfin d'un repos bien mérité.
Et c'est alors que, tandis que que sa porte n'allait pas tarder à céder sous nos coups de boutoir forcenés, le drame se produisit: la baie vitrée de la porte du couloir attenante vola en éclats sous la pression de mon postérieur, et, après une visite de rigueur de nos voisins d'en face et d'en dessous, la soirée s'acheva piteusement dans une œuvre de nettoyage qui promettait déjà un lendemain difficile...